Lorsque l’on parle de recrutement, on utilise un terme aux
sens multiples, puisque décrivant des réalités très différentes. Certes, il
s’agit d’apporter des forces vives, des profils alliant compétences et
motivation pour répondre aux besoins de l’entreprise. Mais, en y regardant de
plus près, on peut distinguer, en gros, trois types de configurations
1 – Les approches de masse
En premier lieu existent des besoins récurrents, portant sur
des volumes significatifs de postes relativement substituables et centrés sur
quelques savoir-faire dominants. On y trouve par exemple des postes de d’accueil
client, de SAV technique dans le secteur automobile, etc. Intégrés dans un
process de production, de relation client, etc, les poste sont établis avec des
descriptifs généralement normés, même si quelques particularités peuvent
intervenir.
La réalisation de ce type de recrutements s’effectue via des
process RH « huilés » de création de flux, de sélection et de
finalisation du recrutement, avec des enjeux de volume et coût, sur la base de
marque employeur attractive. Les étapes de recrutement doivent être
rapides ; elles sont fixées par des protocoles rodés et comprennent fréquemment
une part collective : entretiens, mises en situation.
Le rôle du smartphone comme support de diffusion d’offre – voire demain d’outil pour candidater ? – est ici assez preignant, puisqu’il adresse des populations sans doute moins équipées ou moins utilisatrices de micro ordinateurs.
Le rôle du smartphone comme support de diffusion d’offre – voire demain d’outil pour candidater ? – est ici assez preignant, puisqu’il adresse des populations sans doute moins équipées ou moins utilisatrices de micro ordinateurs.
Le process global de recrutement est porté par un workflow
(ou Applicant Tracking System) qui gére l’ensemble du process : publication
des offres, recueil des candidatures, envoi des réponses aux candidats, gestion
des dossiers, historisation des données etc
La bonne utilisation de ces outils est cruciale pour avoir
des process fluides. Ils permettent également de mieux gérer les ressources, en
identifiant les leviers de sourcing pertinents (quelle est la rentabilité d’un
jobboard pour tel type de poste ou sur telle région par exemple) ou en mesurant
la durée réelle des différentes étapes du recrutement.
2 – La recherche de profils précis.
Ici, plus question de masse. On est au cas par cas dans la
recherche de profils précis, alliant généralement plusieurs registres de
savoir-faire distincts (les fameux double ou triple profils) ou disposant d’une
réelle expertise, avec une donnée géographique (localisation du poste,
déplacements) à prendre en compte. Peuvent s’y ajouter une expérience avérée en
management, la capacité à gérer des contraintes croisées, une vraie culture
internationale, la connaissance précise d’un secteur d’activité, la liste est
longue…
Pour l’entreprise, la ressource représentée par un recrutement externe est précieuse. Si précieuse qu’elle peut faire courir le risque d’aller vers une sur-enchère des compétences demandées, avec une quête du « zéro défaut » décrivant un profil potentiellement théorique…
Une étape essentielle est de clarifier le besoin : bien comprendre les attendus et la cohérence du poste, les compétences réellement nécessaires, la culture de l’entreprise, le style managérial, le business modèle, bref, l’enjeu est de saisir chaque situation, chaque poste dans sa singularité. Cela demande du temps, des informations de première main, et des questions parfois directes… Mais seule cette approche permet, à partir d’une question bien posée, d’apporter une réponse pertinente.
Pour l’entreprise, la ressource représentée par un recrutement externe est précieuse. Si précieuse qu’elle peut faire courir le risque d’aller vers une sur-enchère des compétences demandées, avec une quête du « zéro défaut » décrivant un profil potentiellement théorique…
Une étape essentielle est de clarifier le besoin : bien comprendre les attendus et la cohérence du poste, les compétences réellement nécessaires, la culture de l’entreprise, le style managérial, le business modèle, bref, l’enjeu est de saisir chaque situation, chaque poste dans sa singularité. Cela demande du temps, des informations de première main, et des questions parfois directes… Mais seule cette approche permet, à partir d’une question bien posée, d’apporter une réponse pertinente.
Par ailleurs, plus une demande est claire, moins elle est
discriminante. Le recruteur va pouvoir se concentrer sur des éléments précis de
compétences, et sera plus facilement en mesure de présenter des profils
réellement différents, sur une base ainsi objectivée. A compétences égales…
Beaucoup de ces missions sont confiées à des cabinets dont
le rôle évolue, étant moins présents dans le sourcing et davantage dans la
qualité du conseil. A commencer par la réponse à deux questions clé : le
candidat recherché existe-t-il ? Pourquoi viendrait-il ? L’enjeu
d’image employeur intervient là aussi.
Sur certains marchés où les candidats sont rares, la posture
du recruteur est subtile, étant à la fois en
séduction d’un candidat potentiel et en évaluation.
Parmi ses multiples dimensions, le recrutement est un acte
identitaire, et le nombre d’entretiens, la nature des questionnements, le mode
de prise de décision est, vu de l’employeur, un ensemble d’étapes, mais une
description réelle de l’entreprise, de son fonctionnement et de sa culture, vu
coté candidat.
Là aussi, des workflows sont, selon les volumes traités,
nécessaires et permettent de calculer durée réelle et rentabilité du
recrutement et des outils utilisés.
Cet aspect mesure prend une tournure nouvelle, dans un
contexte où les sciences « dures » sont considérées comme source de
fiabilité. Ainsi, un discours d’origine anglo-saxonne sur l’objectivité
des prises de décisions émerge, issu de la récente abondance de données
existant sur les candidats et du besoin de sécuriser un recrutement. Données de
profils sur les réseaux sociaux, publications de toute sorte, commentaires,
bref, le recueil de données diverses - sans parler du courant du
« quantified-self » - pourraient donner lieu à une analyse prédictive
pertinente en termes de recrutement. Diverses start-up, californiennes pour la
plupart, se lancent sur ce créneau.
Autant l’analyse et le traitement de grandes masses d’évènements, de clients, de clics etc donne des résultats spectaculaires en termes marketing ou commerciaux, autant une telle démarche, sur un échelon où il n’est plus question de statistique (une personne) se transpose aujourd’hui difficilement. Evaluer des compétences informatiques (maitrise d’un langage, par exemple) est possible, mais quid pour un mode de management, des compétences relationnelles, l’adhésion à une culture d’entreprise, la nature des motivations ?
Cette tentative de prédiction a souvent été transposée dans d’autres univers (oeuvres littéraires ou cinématographiques par exemple) sans conclusion convainquante…
Autant l’analyse et le traitement de grandes masses d’évènements, de clients, de clics etc donne des résultats spectaculaires en termes marketing ou commerciaux, autant une telle démarche, sur un échelon où il n’est plus question de statistique (une personne) se transpose aujourd’hui difficilement. Evaluer des compétences informatiques (maitrise d’un langage, par exemple) est possible, mais quid pour un mode de management, des compétences relationnelles, l’adhésion à une culture d’entreprise, la nature des motivations ?
Cette tentative de prédiction a souvent été transposée dans d’autres univers (oeuvres littéraires ou cinématographiques par exemple) sans conclusion convainquante…
L’évaluation humaine, les regards croisés, l’écoute, le
recueil de faits et l’attention aux signaux faibles restent des éléments clé.
3 – La chasse.
Dernier segment, le plus commenté, le plus valorisé mais le
plus restreint : la chasse, où il s’agit d’aller trouver une perle rare,
souvent en poste. C’est un domaine de prédilection des cabinets. Mais c’est
aussi ce qu’est la place Vendôme à la bijouterie : seule une petite partie
des acteurs arrivent à jouer sur ce marché par nature très sélectif. Difficile
d’intervenir dans le recrutement de « stars », représentant une
référence dans un secteur d’activité, un
accès direct ou indirect à un important portefeuille de clients, une expertise
particulière (ex : avocat spécialiste reconnu sur la place)… A ces savoirs faire spécifiques s’ajoute
souvent une dimension internationale : trouver, par exemple, un manager de
centres de profit confirmé (un fameux « talent ») pour un poste en
Turquie n’est pas simple. Sur ce marché, l’entrée en contact avec les profils visés
est un premier obstacle, même si beaucoup disposent d’un profil numérique. Et
l’ensemble d’une démarche complètement sur mesure s’applique, avec des degrés
de sélectivité encore plus fins.
A ces trois registres d’activité, rapidement présentés,
correspondent une organisation, une allocation de moyens très différentes, bien
que l’on utilise le même vocable. Maintenant, les évolutions technologiques
sont tellement fortes en puissance et ampleur que les équilibres pourraient à
l’avenir se nuancer.
A suivre…
A suivre…

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